Il s’avère que certains aliments peuvent à la fois réduire et augmenter la probabilité d’acouphènes chroniques. Ces travaux ont été publiés dans l’American Journal of Epidemiology (AJE).
Les chercheurs ont analysé les données de deux grandes cohortes, la Nurses’ Health Study et la Nurses’ Health Study II, couvrant un total combiné de plus de 113 000 femmes. Le suivi s’est étalé sur plusieurs décennies, des années 1980 à 2021-2022, ce qui leur a permis d’évaluer les associations à long terme entre l’alimentation et le risque de développer des acouphènes persistants.
Les analyses ont montré que le fait de suivre un régime alimentaire « sain » dans l’ensemble ne réduisait pas nécessairement le risque d’acouphènes. Cependant, certains aliments ont un effet marqué. Par exemple, une plus grande consommation de fruits était associée à une réduction du risque dans les deux cohortes. En revanche, les femmes qui consommaient le plus de produits complets, de légumineuses et de boissons sucrées présentaient un risque plus élevé d’acouphènes.
Les chercheurs ont calculé que les femmes qui consommaient le plus de fruits avaient un risque réduit d’environ 19 % par rapport à celles qui en mangeaient moins souvent. Parallèlement, une consommation élevée de céréales complètes augmentait le risque d’environ 26 %, celle de légumineuses de 13 % et celle de boissons sucrées de 12 %. Des résultats similaires ont été obtenus dans un sous-groupe de participantes pour lesquelles des informations sur l’exposition au bruit au cours de la vie étaient disponibles.
Les auteurs soulignent que ces résultats ne signifient pas qu’il faille renoncer aux produits à base de céréales complètes ou aux légumineuses, qui sont généralement considérés comme bons pour la santé.
« Notre étude montre que la nutrition peut influencer le développement des acouphènes chroniques, mais à ce stade, nous ne recommandons pas d’éviter les aliments qui font généralement partie d’un régime alimentaire sain », ont déclaré les chercheurs.
Ces résultats soulignent la complexité de la relation entre l’alimentation et la santé auditive et mettent en évidence la nécessité de poursuivre les recherches afin de comprendre les mécanismes biologiques de cet effet et d’affiner les recommandations diététiques.

